A Cassis, dans les Bouches-du-Rhône, la politique sûreté-sécurité de la Ville s’inscrit dans le cadre d’un Contrat Local de Sécurité (CLS).
Dès 2005, la commune a envisagé la mise en œuvre d’un programme global s’articulant notamment autour d’équipements collectifs centralisés.
Afin de l’aider dans sa réalisation, la ville de Cassis a alors confié une mission d’assistance à Maître d’ouvrage à un cabinet spécialisé…

Cette mission d’assistance s’est déroulée en deux phases. D’une part, la collecte des données et l’audit de l’existant ; d’autre part, l’élaboration d’un schéma directeur de sécurité urbaine. L’audit a fait apparaître plusieurs niveaux d’insécurité, comme la circulation et le stationnement ; la délinquance et les incivilités, notamment en centre-ville avec des délits qui portent atteinte aux personnes ; et les vols, dégradations, effractions, incendie…   Suite à cet audit, une liste de mesures à mettre en œuvre s’est imposée très clairement. Elle s’articulait autour de six axes principaux : rationaliser et développer la zone piétonne avec ses moyens de gestion techniques et humains ; établir un nouveau plan de circulation et de stationnement ; renforcer l’éclairage ; réorganiser les fonctions de la Police Municipale ; mettre en œuvre une politique de sûreté pour les bâtiments communaux ; et mettre en œuvre un système de vidéosurveillance urbaine.

En réponse à une forte demande des administrés

“L’installation de la vidéoprotection a été définie par les études précédentes et les besoins ont également été identifiés par les différents acteurs qui contribuent à la sécurité sur le plan communal, explique Hervé Bru, directeur des Services Techniques et Moyens Généraux de la ville de Cassis. Mais elle répond aussi à la forte demande des administrés. Dès 2006, une entreprise spécialisée a réalisé un essai afin de conforter la municipalité sur la pertinence d’un tel dispositif, de délimiter le périmètre concerné et de repérer les espaces stratégiques.”   Cet essai ayant été concluant, en 2007, la nouvelle municipalité conduite par Danielle Milon a lancé dès 2008 les procédures nécessaires à la mise en place d’un système global de sûreté urbaine composé comme suit : la fourniture et l’implantation de 33 caméras de type dôme dans les lieux définis par l’audit et conformément aux essais réalisés, et la création d’un réseau radio basé sur les points suivants : Villa Mauresque, Police Municipale avec un équipement de 8 écrans, d’un poste opérateur et d’un poste de relecture.

Amplifier les effets de la lutte contre la délinquance

Le projet a été réalisé en deux tranches. La première, fin 2008, et début 2009 a permis d’installation de 33 caméras. La seconde, fin 2011 et début 2012, a vu l’extension du dispositif avec l’ajout de 24 caméras. Le réseau de vidéoprotection de la commune utilise deux technologies. Une grande partie des caméras sont des dômes mobiles IP (résolution HD 720p, préposition, masquage dynamique). Le reste du parc est constitué de caméras fixes IP à lecture de plaques (association avec des projecteurs infrarouges, analyse en temps réel des flux vidéo pour recenser les plaques d’immatriculation, enregistrement des informations en local, transfert des informations sur les serveurs de la Gendarmerie Nationale pour une gestion des informations en temps réel).        “Il s’agissait de mettre en œuvre un dispositif de vidéoprotection destiné à amplifier les effets de la lutte en faveur de la prévention de la délinquance. Ce dispositif a donc été étudié pour couvrir la surveillance des points de passages obligés de la commune, tout en protégeant la population cassidaine, précise David Morandeau, chef de service à la Police Municipale. Trois fonctions sont principalement assurées : la prévention (dissuasion et anticipation), le flagrant délit et la recherche des auteurs.”

 Un taux d’élucidation en progression

En 2011, chaque mois en moyenne, le système vidéo a permis aux instances judiciaires de résoudre 11 affaires et de déclencher 179 interventions tous services confondus (Police Municipale, ASVP et services extérieurs). Et pendant la saison estivale, ce chiffre a été porté respectivement à 15 affaires judiciaires et 193 interventions par mois.     “Nous avons choisi de mettre en place le logiciel VisiMax de la société CASD car cette société représente une part importante de marché dans la vidéoprotection urbaine avec plus de 200 villes, mais aussi parce qu’il s’agit d’une entreprise française avec ses propres développeurs permettant une adaptation du logiciel pour répondre au mieux à nos attentes et à celles de nos clients, annonce le directeur des Services Techniques et Moyens Généraux de la ville de Cassis. De plus, lors de la première installation fin 2008, c’était le début de la vidéoprotection par radio. Nous avons donc travaillé avec CSAD pour obtenir un rendu transparent à la visualisation ainsi que l’enregistrement des flux vidéo en comparaison avec des flux filaires.”

La réorganisation du service de la Police Municipale

La mise en place du dispositif a nécessité une réorganisation du service de la Police Municipale qui a permis d’affecter six agents fonctionnant en 3 huit, 7 jours sur 7. Côté budget, le montant global de la première phase du dispositif de vidéoprotection s’est élevé à 500 000 € tandis que celui de la deuxième phase a atteint 600 000 €. “Le fonctionnement du service représente une dépense annuelle de 270 000 €, ajoute Hervé Bru. La ville de Cassis a bénéficié de l’aide du FIDEP et de la réserve parlementaire du député de la circonscription à hauteur de 220 000 €.”   Le PCSU est équipé d’un système de vidéoprotection performant qui permet de protéger la majorité des grands axes de l’agglomération, ainsi que les points névralgiques de la commune. “Que ce soit pour coordonner des interventions en temps réel ou a posteriori pour des enquêtes judiciaires, le PCSU dispose de 47 caméras de vidéoprotection auxquelles il faut rajouter 10 caméras à lecture de plaque. “Les 14 dernières caméras, installées et opérationnelles, permettent de couvrir 14 secteurs supplémentaires, annonce David Morandeau. 10 caméras à lecture de plaques d’immatriculation permettent de visualiser toutes les plaques des véhicules qui entrent et sortent de la commune sur tous les axes routiers en vue d’exploitation pour les éventuelles enquêtes judiciaires. Enfin, 7 caméras fixes supplémentaires permettent d’assurer la sécurité des installations du poste de police.”

Le PCSU fonctionne 24 h/24 et 7 j/7

Ces caméras sont visionnées sur un mur de 13 écrans auxquels il faut rajouter 2 grands écrans sur lesquels les opérateurs peuvent visionner jusqu’à 18 caméras simultanément. Installé dans les locaux de la Police Municipale fin 2008, le PCSU fonctionne 24 h/24 et 7 j/7 avec trois opérateurs de vidéoprotection par jour. Tout le personnel a été formé à l’utilisation du système, ainsi qu’à l’environnement juridique. Il a à sa disposition un poste de supervision avec 2 écrans qui lui permettent d’avoir une vision simplifiée du réseau avec une gestion des plans, ainsi qu’un écran de chasse pour prendre la main sur l’ensemble des caméras.     “Pour la visualisation des différentes caméras, le mur d’images est composé de 2 écrans de 46 pouces. Chacun des écrans peut afficher entre 1 à 9 images, précise le directeur des Services Techniques et Moyens Généraux de la Ville. Ces deux écrans sont associés à 12 écrans de 19 pouces pour la visualisation d’une seule caméra, soit un mur d’images de 30 flux simultanément. L’ensemble de ces équipements fonctionne sur un réseau IP gigabit. Le PCSU est également équipé de deux serveurs de stockage avec une capacité d’enregistrement de 15 jours sur les 47 caméras et d’un serveur d’analyse et de stockage pour les dix caméras à lecture de plaque disposées aux différentes entrées et sorties de ville.”   Vers une extension du système début 2013      Une extension du système de vidéoprotection est en cours. Elle sera effectuée sur la base du diagnostic 2007, sur les nouveaux besoins et sur le retour d’expérience du fonctionnement de celui-ci depuis fin 2008. “Elle devrait avoir lieu début 2013, précise Hervé Bru. Le montant financier doit encore être affiné, mais il s’élèvera probablement à quelques dizaines de milliers d’euros.”

Une politique globale de prévention

Depuis leur création, la Cellule de tranquillité urbaine et le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) accompagnent le dispositif de sécurité urbaine et sont des éléments de schéma directeur municipal relatif à la sécurité.
Des échanges d’informations entre les responsables publics et privés
Le CLSPD favorise les échanges d’information entre les responsables publics et privés et permet la définition d’objectifs communs. Il est consulté sur les actions devant être mise en œuvre dans le cadre de la politique de la Ville dont il assure le suivi et l’évaluation.       Un coordinateur est désigné pour piloter les politiques et les outils liés à la gestion des risques naturels et urbains ; animer les instances opérationnelles et suivre les actions avec la collaboration d’un agent administratif ; et élaborer et suivre les conventions partenariales (notamment la convention de coordination Police Municipale/Gendarmerie Nationale).
Merci à Evelyne Guitard de Vidéo Suveillance Info pour ce bel article.